La notion de race

Actuellement le terme de race est partout : dans les journaux, à la télé, à la radio, sur Internet,… avec une question qui monopolise le débat : la notion de race existe-t-elle ? D’autres questions sous-jacentes en découlent comme la suppression ou non de la notion de race dans notre Constitution. On s’interroge déjà sur les conséquences de cette suppression. Les pourfendeurs de ce terme proclament qu’ainsi l’égalité, principe de la République française, sera enfin respectée tandis que les défendeurs de ce terme affirment que, de ce fait, toutes nos infractions et nos circonstances aggravantes basées sur cette notion deviendraient sans objet.

Cette notion de race demeure très sensible eu égard aux atrocités commises lors du XXème siècle sous couvert de cette notion. L’instrumentalisation politique du terme de race a, en effet, réellement débutée avec le IIIème Reich. D’où, suite à cela, les politiques ont donc, désormais, tout naturellement, tendance à souhaiter la disparition de cette notion pour proclamer l’universalité de l’espèce humaine et, en conséquence, la parfaite égalité des êtres humains quel que soit leur couleur de peau ou leur origine.

Mais comme souvent, le débat manque de hauteur et les questions essentielles sont évincées. Cela à cause des politiques qui reprennent et monopolisent le débat à la place des véritables acteurs. Les politiques ont, en effet, tendance à penser détenir la vérité absolue et veulent l’imposer aux autres membres de la société.

Alors que la notion de race n’est pas politique mais scientifique et il serait davantage opportun d’interroger les experts du domaine, en l’espèce, les scientifiques qu’ils soient anthropologiste, sociologue, biologiste, généticien ou autres. Cette monopolisation incessante du débat par les politiques est nuisible puisqu’elle empêche un débat apaisé sur le sujet. En effet, les politiques se distinguent davantage par leurs passions que par leur raison. Ainsi la notion de race est, malheureusement, utilisée à des fins démagogiques et électorales.

Avant de parler de sa disparition, il faut se demander ce qu’est une race ? Existe-t-il réellement plusieurs races d’êtres humains dans le monde ? Une réponse à cette question ne peut être posée qu’en rationnalisant le débat et en mettant fin à son caractère passionnel ou, autrement dit, en adoptant une posture scientifique et mathématique pour faire un constat des connaissances actuelles.

Avant de s’intéresser à la notion de race, il faut voir plus large et analyser la notion d’espèce humaine. Cette notion a été définie par les scientifiques et notamment par le biologiste Ernst Mayr, en 1942, qui définit l’espèce comme « une population ou un ensemble de populations dont les individus peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et féconde, dans des conditions naturelles ». Il est évident que la totalité des êtres humains peuvent se reproduire ensemble. D’où, l’ensemble des personnes humaines présentes sur Terre appartiennent à la même espèce.

A titre d’exemple, l’animal le plus proche génétiquement de l’être humain est le chimpanzé. En effet, ce dernier possède plus de 98,5 % de son génome avec l’être humain. Ainsi, si l’on raisonne mathématiquement, on peut en déduire qu’une différence de patrimoine génétique (ADN) de l’ordre de 1,5 % permet de distinguer deux espèces. Quant aux êtres humains, ceux-ci partagent le même patrimoine génétique à hauteur de 99,8%. Ainsi la différence génétique entre être humain ne dépasse pas les 0,2%.

Cet état de fait concernant l’espèce n’est, en principe, pas débattu. En effet, l’écrasante majorité de la population considère qu’il n’y a qu’une seule espèce d’être humain. Toutefois, les difficultés surviennent quant à la notion de race.

Le concept de race permet de distinguer des sous-groupes au sein d’une même espèce. En remontant le temps, on peut s’apercevoir que plusieurs races d’êtres humains ont coexisté lors d’une même période à savoir l’homo sapiens, l’homme de Neandertal, l’homme de Denisova ou bien l’homme de Florès. Toutefois ces trois dernières se sont éteintes et seul l’homo sapiens a subsisté, dont tous les humains d’aujourd’hui sont les représentants.

Il faut noter que l’isolement d’un groupe d’être humain est propice à la création d’un sous-groupe distinct dans l’espèce humaine. A l’instar, par exemple, des pygmées dont une de leurs caractéristiques est d’avoir une taille inférieure à 1 mètres 50. Cette taille est due à une adaptation morphologique pour vivre dans la forêt équatoriale.

A contrario, la rencontre des êtres humains, pouvant être favorisée, par exemple, par la mondialisation, la libre circulation des personnes et l’essor des moyens de transports rapides (trains, avions,…), permet de rapprocher le patrimoine génétique et d’aboutir à une certaine uniformisation de l’espèce humaine par le biais du mélange de gènes.

Ensuite certaines caractéristiques physiques n’ont aucune incidence sur le patrimoine génétique. Cela à l’instar de la couleur de la peau qui n’est qu’une variation du taux de mélanine présent dans l’organisme.

Néanmoins, une question mérite d’être posée : est-ce que un laps de temps suffisamment long s’est écoulé pour que des sous-groupes au patrimoine génétique assez distinct apparaissent au sein de l’homo sapiens ?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire qu’un comité scientifique précise le seuil exact du patrimoine génétique à partir duquel on peut distinguer une race d’une autre. Comme on l’a vu, l’ADN de tous les homo-sapiens est semblable à hauteur de 99,8 %. D’où, si ledit comité scientifique affirme qu’un taux inférieur à 0,2 % du patrimoine génétique est suffisant pour distinguer une race d’une autre, on pourra en déduire que plusieurs races d’être humain coexistent. A contrario, si la distinction entre sous-groupes d’une même espèce est établie à un seuil supérieur à 0,2 %, il n’existe, en conséquence, qu’une seule race d’être humain.

Ainsi la notion de race devrait dépendre de l’établissement d’un seuil, par les scientifiques, permettant de distinguer les différents sous-groupes au sein d’une même espèce. En effet, soit tous les êtres humains sont, génétiquement, trop proches pour effectuer une distinction et, dans ce cas, la suppression du terme race est nécessaire. Soit le pourcentage n’est pas atteint et il existe plusieurs races au sein de l’espèce humaine et le terme se doit d’être préservé. Toutefois, pour cela il faut absolument que les politiques cessent d’instrumentaliser la notion de race.

JuristeG

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