La montée du Front National : une volonté du Parti Socialiste ?

9 juin 2014

Europe, Politique

Comme bien souvent les élections européennes sont, malheureusement, des élections délaissées. Le taux de participation n’était que de 43,5%. Pourtant elles sont d’une importance capitale. En effet, 80% de la législation votée chaque année et applicable en France provient de l’Union Européenne.

Celles-ci ont pour but de désigner, tous les 5 ans, les 751 députés qui siégeront au parlement européen. Ces élections n’ont qu’un seul tour et le scrutin proportionnel est la règle. Cette règle favorisant la représentation d’un maximum de partis politiques.

En France, un retentissement très conséquent fut causé par ces résultats puisque le Front National s’est retrouvé en tête avec un score de 24,85%.

Ces résultats ont beaucoup de causes : le rejet de la forme actuelle de l’Union Européenne, la crise économique, le chômage, l’immigration, le rejet du traité transatlantique, la crainte d’une perte d’identité française, le vote sanction contre les partis traditionnels…

Le Président de la République, le Premier ministre et le Parti Socialiste n’ont pas hésité à affirmer leur crainte face à ces résultats. Pourtant, cela fait partie de la stratégie de la gauche que de faire monter l’extrême droite. Cela aux fins de diviser les voix de la droite et d’avoir un duel Parti Socialiste versus Front National lors du second tour de l’élection présidentielle de 2017.

Pour ce faire, le PS a usé de plusieurs méthodes. Notamment, par le biais des réformes sociétales qui ont eu pour conséquence de diviser les français et de renforcer les positions extrémistes entre ceux souhaitant une évolution et ceux voulant préserver leur mode de vie ; des réformes telles que le « mariage pour tous », la réforme de l’IVG avec la suppression de la notion de « situation de détresse » ou bien la proposition de modification de la Constitution concernant le vote des étrangers non-communautaires pour les élections.

De même, des positions clivantes ont pu attiser les tensions ; cela comme « l’affaire Léonarda » où le Président de la République voulait régulariser Léonarda Dibrani alors qu’une majorité de français était contre ou, encore, l’affaire « Dieudonné » où le premier Ministre a perdu beaucoup de points dans les sondages suite à sa prise de position. D’ailleurs, cette prise de position semblait intéressée et non sincère. A croire, que ce dernier souhaitait marquer les esprits avec un geste politique fort pour que l’on se souvienne de son action au sein du Ministère de l’intérieur ; à l’instar du « nettoyage au Karsher » de Nicolas Sarkozy ou de la claque de François Bayrou à un jeune tentant de lui faire les poches.

Cette technique est loin d’être nouvelle. En effet, dans les années 80 et pour que François Mitterrand soit réélu pour un second mandat présidentiel en 1988, la gauche a fait en sorte de faire monter l’extrême droite. Cette tactique fut possible grâce à la création de SOS racisme en 1984 qui servait, paradoxalement, à faire monter le racisme et grâce à l’instauration de la proportionnelle en 1986 qui a eu pour conséquence d’amener plusieurs députés d’extrême droite à l’Assemblée Nationale. Cette méthode fut gagnante puisque les voix de la droite se divisèrent et le Président de la République sortant fut réélu pour un second mandat.

Il convient, de suite, de remarquer que cette tactique fonctionne de nouveau puisque le Front National effectue une montée fulgurante. Toutefois, ici, la donne est différente puisque le socle de voix du Parti Socialiste s’est extraordinairement affaibli. Beaucoup d’électeurs traditionnellement fidèles au PS ont décidé de s’abstenir ou de voter pour un autre parti ; même au sein de ses députés, la situation se complexifie car, lors de la question de confiance posée à l’Assemblée Nationale, relative à la politique générale du Gouvernement – conformément à l’article 49 alinéa 1 de la Constitution – 40 députés du Parti Socialiste avaient décidé de s’abstenir et, donc, de ne pas accorder leur confiance. La situation s’est encore détériorée pour la majorité avec les députés « frondeurs » ; ces derniers obligent le gouvernement à passer en force le projet de loi Macron à l’Assemblée par le biais de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.

Le pourquoi de la détérioration de son socle de voix est simple eu égard au bilan, notamment économique, de la majorité, tellement mauvais pour la plupart des français.

En conséquence, même en divisant les voix de la droite en poussant à la montée du Front National, l’UMP a de grandes chances de se hisser au second tour de l’élection présidentielle de 2017 mais de se retrouver confrontée à un candidat du FN au lieu d’un candidat du PS.

Quant à l’UMP, elle s’est aperçue de cette tactique et pour accentuer ses chances de victoire, elle cherche à s’éloigner de la ligne Buisson et de se réorienter vers une politique du centre ; c’est notamment l’objectif d’Alain Juppé ; cela permettra aux électeurs du PS de voter plus facilement l’UMP en cas de duel, lors du second tour de 2017, UMP-FN.

De plus, cette technique du Parti Socialiste a aussi un autre désavantage. En effet, même si cela fonctionne pour le moment, les français ne sont pas dupes et si ceux-ci se sont laissés abuser en 1988, il n’est pas certain qu’ils se fassent, de nouveau, surprendre en 2017.

La moralité de cette histoire, c’est que pour gagner les prochaines élections présidentielles, le Président de la République ferait bien mieux de convaincre les français de voter pour lui grâce à ses bons résultats économiques plutôt que grâce à des calculs et des stratagèmes visant à diviser la droite.

JuristeG

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