La fuite des jeunes français vers l’Etat islamique

6 octobre 2014

Etranger, Europe, Philosophie, Politique

« Dieu rit des Hommes qui pleurent les effets dont ils chérissent les causes », Bossuet.

Pourquoi des jeunes français décident de quitter leur Nation et de rejoindre l’Etat islamique ? Pourquoi choisissent-ils de devenir des traitres à leur pays en aidant l’ennemi ? Un ennemi qui souhaite détruire la civilisation française. Notre culture, nos valeurs, nos idées.

Une réponse arrive d’elle-même, inquiétante. Ces jeunes se sentiraient plus proche des valeurs de l’Etat islamique que des valeurs françaises. Ils s’identifieraient plus facilement aux membres de l’Etat islamique que du peuple français. Leur religion passant avant la Nation. Leur identité religieuse avant l’identité Nationale.

Nos élites s’apitoient sur cette situation en oubliant, rapidement, qu’ils en sont les responsables.

Les causes de cette situation sont diverses mais deux d’entre-elles, les plus importantes, sont directement imputables à nos élites : la fin de l’identité Nationale française et le rejet de l’assimilation.

La fin de l’identité Nationale française.

(Pour un article plus détaillé sur la seule question de la fin de l’identité française et de l’échec de la création d’une identité européenne voir : ici !)

La fin de l’identité Nationale est une volonté des pères fondateurs de l’Union Européenne. Notamment Jean Monnet et Robert Schuman. Ces pères détestaient la Nation, leur mère patrie, et voulaient la détruire car elle était, selon eux, facteur de guerre. Cette pensée ne peut pas leur être reprochée. Au sortir des deux guerres mondiales, il semble évident qu’un nationalisme exacerbé avait conduit l’Europe à l’apocalypse.

Jean Monnet et Robert Schuman devaient avoir en tête le projet de paix perpétuel d’Emmanuel Kant. Ce livre annonce qu’un Etat confédéré mondial ainsi qu’une interdépendance économique permettraient d’éviter les guerres et la destruction des peuples.

La société dans laquelle nous vivons est le fruit de leur idéal. Le déclin du sentiment d’identité française a causé la fin du patriotisme, la fin de la fierté d’être français, la remise en cause permanente de notre histoire, de nos mœurs, de nos coutumes et de notre manière de vivre. Comme le souligne Pascal Bruckner dans la tentation de l’innocence, le français d’aujourd’hui est un être culpabilisé.

Ce déclin de l’identité française n’était pas une fin mais un moyen de créer une identité européenne. Deux identités nationales ne peuvent pas cohabiter l’une et l’autre sans conflit. La disparition de l’identité française était indispensable pour créer la société dont ils rêvaient.

Toutefois, cela n’a pas fonctionné puisque l’Union Européenne a beau avoir reçu une grande partie de la souveraineté des Etats Nations, et donc de la France, l’identité européenne ne prend pas. Pourtant des symboles, normalement réservés à un Etat, lui ont été octroyés tels qu’un drapeau, un hymne (la 9ème symphonie de Beethoven) ou la faculté d’attribuer une nationalité européenne.

La conséquence du déclin de l’identité française et de l’échec de la création d’une identité européenne est que les individus se retrouvent sans identité collective. L’identité individuelle est importante dans la construction d’un individu mais une identité collective l’est tout autant. Un individu a besoin de s’identifier à ses pairs pour vivre paisiblement en société. Les individus vont donc privilégier des identités communautaires divisant l’unité Nationale. Des identités telles que leur religion, leur région, leur préférence sexuelle, leur genre ou leur origine ethnique. Ils considèreront que leur identité communautaire passe avant leur identité Nationale. Ils se sentiront musulmans, juifs ou chrétiens avant d’être français, bretons, corses ou basques avant d’être français, homosexuels ou hétérosexuels avant d’être français, noirs, blancs ou jaunes avant d’être français, femmes ou hommes avant d’être français,…

La fin de l’identité Nationale française n’est pas la seule cause dans le fait que des jeunes français préfèrent se ranger dans le camp de nos ennemis. Le rejet du modèle français de l’assimilation en est une autre.

Le rejet de l’assimilation.

Le rejet du sempiternel modèle français de l’assimilation au profit d’une intégration toute relative accentue le phénomène de communautarisme.

Il ne faut pas être dupe, ce modèle a été abandonné puisqu’il s’effectue dans la douleur et dans une violence culturelle. Les bretons peuvent en témoigner. Pour les assimiler, le général de Gaulle a interdit l’apprentissage de la langue bretonne. Il a réduit la culture bretonne (les habits traditionnels bretons, la culture bretonne remplacée par une culture française) à son strict minimum. Edwy Plenel critique cette assimilation forcée dans Dire non mais il oublie que cette dernière a permis aux bretons d’être considérés comme des français à part entière.

Comme il le souligne dans son ouvrage, les bretons étaient méprisés. Des termes de langage sont, d’ailleurs, toujours présents tels que le terme, méprisant, plouc (signifiant paroisse en breton) ou bien le terme baragouine. Ce dernier vient des mots bara = pain et gwin = vin. Il date de l’époque où les bretons venaient vendre leur force de travail dans les grandes villes pour échapper à la disette et demandaient comme seule rétribution du pain et du vin.

Les bretons avaient beau se considérer comme des français, les français ne les voyaient pas de la même façon. La réciprocité des sentiments est importante pour assurer la cohésion. Au même titre que dans une relation amoureuse où les sentiments ne peuvent pas être à sens unique.

Les exemples sont légions mais on peut, encore, citer celui de l’outre-mer puisqu’on apprenait aux descendants d’esclaves africains que leurs ancêtres n’étaient autres que des gaulois. Cette négation de leur passé avait pour but de les assimiler à la Nation française à l’instar des bretons.

Aujourd’hui, la situation est totalement différente, on ne demande plus au nouvel arrivant d’abandonner tous ses bagages comme la culture, la langue, ou la religion à l’entrée du territoire français mais de venir avec.

On privilégie une fausse intégration. La vraie intégration serait d’accepter les bagages dans la sphère privée mais de les refuser dans la sphère publique. Cela n’est pas le cas puisque des débordements sont à constater dans la sphère publique.

L’effet de ces deux causes.

La conséquence principale est que certains français ne parviennent plus à s’identifier dans l’identité Nationale et décident de chercher une autre identité collective et de se communautariser. Cela faisant ils s’excluent du peuple et de la Nation.

Dans qu’est-ce qu’une Nation ?, Ernest Renan propose une définition de la Nation. On peut la résumer ainsi : une Nation se caractérise par un groupe d’individus partageant un destin commun et des éléments objectifs (langue commune, territoire commun ou nationalité commune) et subjectifs (culture commune ou une histoire commune d’où le « mes ancêtres les gaulois »).

Si ces éléments sont constitués une personne arrivera à s’identifier à l’autre. Dans le cas contraire, si on ne parvient pas s’identifier à l’autre, on le considéra comme un étranger qui est, par définition et étymologiquement, une personne étrange. C’est-à-dire différente de nous. Dans ce cas des points de rupture apparaissent et notamment un rejet puisque la cohabitation avec l’étranger est problématique. Le vivre-ensemble devient impossible.

Puis un effet pervers débutera car moins les personnes se côtoient, moins ils se connaissent et plus la méfiance s’installe. Emmanuel Brenner dans les territoires perdus de la République faisait, d’ailleurs, le constat que certains pans de la population française défendaient des valeurs diamétralement opposées et ne se comprenaient plus.

Ces populations ne partageant plus les mêmes valeurs, cultures ou mœurs et ne parvenant plus à s’identifier l’un à l’autre se perçoivent comme des étrangers. Une analogie est possible avec l’antiquité. Sous l’empire romain, pour se protéger, les romains avaient établi une frontière dénommée « limes ». Au-delà, il y avait les barbares. Des personnes qui ne partageaient pas la même culture que les romains. Ces derniers ne souhaitaient pas avoir de contact avec ces barbares, ils les dénigraient et avaient peur d’eux.

Les personnes exclues de la société française risquent donc de chercher de nouveaux points de repère et, si ce n’est pas l’identité française (et encore moins l’identité européenne), cela peut être la religion, le genre, l’origine ethnique,…ou pour faire simple, tous les communautarismes rappelés précédemment.

Le risque d’aboutir à un communautarisme toujours plus puissant est réel. La France serait, non plus unie, mais divisée et défendant des modèles de société très disparates.

L’apothéose de cet effet communautaire regrettable se trouve dans les jeunes quittant la France et rejoignant son ennemi pour se chercher une identité et défendre leur modèle, leur mode de vie et leur paradigme qui est en totale contradiction avec le modèle traditionnel français.

Même s’il est, selon le mythe platonicien de la caverne, plus aisé de se complaire dans l’illusion que d’affronter l’aveuglante vérité, nos élites devraient regarder en face les conséquences de leurs actions. La situation n’est pas irrémédiable et il ne tient qu’à la France de rétablir la fierté de son identité Nationale ainsi qu’une assimilation ou intégration réussie.

JuristeG

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