Critique de la Modernité : l’individu contemporain, un être infantilisé ou féminisé ?

L’individu contemporain, un être infantilisé

Dans La tentation de l’innocence, Pascal Bruckner pense que l’Homme contemporain s’est infantilisé, victimisé et culpabilisé.

Il est vrai que l’infantilisation de l’Homme est consubstantielle à la modernité. Cela car d’un Etat assurant seulement la sécurité des individus des menaces intérieures (par la Police ou la Gendarmerie) et extérieures (par l’armée), il s’est mué en un État providence, assurant tous les pans de la vie des individus ; de l’aube au crépuscule de sa vie.

Revenons un instant en arrière. Selon Hobbes, les Hommes, à l’état de nature, s’entre-détruisent. La violence étant inhérente à l’être humain ; « l’Homme est un loup pour l’Homme ». Ainsi, ils ont décidé de conclure, selon la belle expression de Rousseau, un « contrat social » avec l’État. Ledit contrat prévoyant que l’État s’occupe de leur sécurité au détriment d’une partie de leur liberté.

La mission régalienne principale de l’État consistait donc à assurer la sécurité de ses citoyens tout en préservant leurs libertés. Néanmoins, les missions déléguées à l’État se sont accentuées au fil du temps et couvrent désormais toute la vie d’une personne. D’un droit à la sécurité et au respect des libertés, nous exigeons un droit au travail, au logement, aux allocations, à la retraite, à l’enfant (pour aller plus loin voir l’article suivant : vers un droit à l’enfant ?) et ainsi de suite.

L’État doit répondre à toutes ces exigences de la part de citoyens qui ne veulent faire aucun effort pour les obtenir par eux-mêmes.

Au final, nous attendons que notre bonheur provienne de l’État. Bien évidemment, c’est impossible ! Il en résulte des déceptions, de la frustration et de la jalousie. Il n’est guère étonnant que la dépression soit une maladie née avec la modernité.

Comme le souligne Pascal Bruckner, l’individu revient au stade de l’enfance. C’est dangereux puisque l’individu ne prend plus aucune initiative, aucune décision. Il se laisse gérer par l’État et devient spectateur de sa propre vie. Il ne s’élève plus, il stagne dans une enfance éternelle.

En découle, un risque d’asservissement et d’aliénation de l’individu par l’État à l’instar de la situation décrite dans 1984 par George Orwell où « Big Brother », le grand frère, allégorie de l’État, surveille les moindres faits et gestes du citoyen, son petit-frère immature qui a besoin d’être contrôlé.

C’est préjudiciable ! D’autant plus, que le rôle de l’État en matière éducatif est d’élever l’individu ; de lui apporter le « savoir de l’honnête homme », selon Montaigne, qui lui permettra de confronter les idées des grands penseurs et de ses contemporains avec les siennes afin de se forger un avis et une identité propre.

De cette infantilisation en découle la victimisation de l’individu moderne. Cette attitude consistant à se comporter en éternel martyr dès lors qu’un problème survient (s’il ne trouve pas un travail, s’il y a une grève et se retrouve « pris en otage »,…). De même, l’individu crie à la discrimination, au racisme ou au sexisme à la moindre contrariété. Il est toujours plus facile de désigner « l’autre » comme coupable de son malheur plutôt que de s’auto-incriminer. Ainsi, en cas de contrariété, l’individu attend l’aide d’une tierce personne pour la résoudre et, surtout, l’État.

Par contre, la culpabilisation permanente de l’individu occidental contemporain s’agrège difficilement avec l’idée d’infantilisation. C’est même le propre d’un enfant de ne pas se soucier des conséquences de ses actes, de n’éprouver ni remords ni regrets. L’enfant se caractérise par son instantanéité ; par son sacre du présent ; Il ne perd pas de temps à réfléchir sur les actes passés ou à s’apitoyer sur les actions commises par ses ancêtres.

L’individu contemporain, un être féminisé

La vraie raison réside dans le passage d’une société dotée de valeurs patriarcales vers une société dotée de valeurs matriarcales. Concernant la « féminisation des individus », j’entends le triomphe des valeurs considérées par la société comme étant l’apanage des femmes.

Les abus perpétrés par les hommes à l’encontre des femmes sont connus et nombreux. Inutile de les rappeler ici. L’avènement d’une société matriarcal, mettant brusquement fin à des siècles de patriarcat, a eu, pour conséquence, de déconsidérer les valeurs traditionnellement considérées comme étant celles des hommes. Plus exactement, comme dirait Éric Zemmour, selon la thèse poursuivie dans Le suicide français, les valeurs masculines ont subi la dérision puis la déconstruction et enfin la destruction. Comme la nature a horreur du vide, elles ont été remplacées par les valeurs féminines.

On peut schématiquement et de manière non-exhaustive citer quelques-unes desdites valeurs :

-Pour les valeurs féminines, on peut retenir : la culpabilité, le sentimentalisme, l’empathie, le pardon, la tolérance et l’acceptation.

-Pour les valeurs masculines, on peut retenir : la virilité, l’ordre, l’autorité, la violence et la brutalité.

Il y en a beaucoup d’autres mais ces quelques illustrations permettent de dessiner l’ébauche d’un profil-type des valeurs, considérées par la société comme étant, masculines et féminines.

L’avènement d’une société matriarcale a eu plusieurs incidences sur notre société. La modernité ayant favorisé l’ère de la consommation en détruisant les tutelles traditionnelles de pouvoirs telles que l’État, l’Église ou la famille (le père) dans un noble objectif de mettre fin à l’aliénation de l’individu. Cela pour laisser place à un individu esseulé, fragile, sans protection et susceptible d’être contrôlé plus facilement par les multinationales adeptes du consumérisme comme mode de vie. Alors, il semble opportun d’utiliser, ici, des termes économiques pour expliquer les changements induits par ledit avènement.

Au niveau microéconomique, l’individu s’est transformé par rejet des valeurs et mœurs masculines. Toutes les valeurs masculines sont devenues péjoratives. Le machisme perçu comme le mal absolu alors que le féminisme est une idéologie nécessaire. De même, la virilité est un sujet de dérision ; l’ordre et l’autorité sont rejetés alors que l’acceptation et la compréhension de l’autre sont des valeurs encouragées. Le corps même de la femme s’est sacralisé (voir l’article antérieur sur : la sacralisation du corps de la femme et les conséquences sur le droit pénal).

Auparavant, la société patriarcale était divisée, très simplement, selon deux types de valeurs : les valeurs masculines pour les hommes et les valeurs féminines pour les femmes. Les enfants étaient donc élevés et éduqués en conséquence ; ils devaient respecter le modèle à suivre en fonction de leur sexe. Ce dirigisme pouvait apparaître oppressant mais il permettait de rassurer les individus sur leur identité puisqu’ils avaient un chemin tout tracé.

Aujourd’hui, l’individu éprouve des difficultés à se construire une identité, il n’a plus de modèle prédéfini et n’est plus en phase avec lui-même. Ce problème d’identité est notamment décrit par Alain Finkielkraut dans L’identité malheureuse. Pour un développement plus complet sur les déboires de l’identité consulter l’article suivant : la fin de l’identité française et l’échec de la Nation européenne.

Tâchons maintenant de prendre un petit peu de hauteur et de sortir de cet « individu-centrisme ». Au niveau macroéconomique, l’avènement de la société matriarcale a permis l’émergence de plusieurs communautés auparavant effacées de force. Au nom de la tolérance et de l’acceptation, les communautés peuvent désormais s’affirmer dans la société. Par exemple, les homosexuels qui peuvent exister au grand jour ou les étrangers qui, depuis la fin de la pratique d’assimilation, peuvent garder et exprimer dans la société leurs mœurs, valeurs et cultures.

Il en résulte l’acceptation du multiculturalisme et même son encouragement car la communauté unique n’est plus imposée de force. Voir sur ce point l’ouvrage de Michèle Tribalat Assimilation : la fin du modèle français.

Voir les articles suivants pour un rappel des violences contre l’Église catholique ou contre les bretons afin d’imposer une identité nationale unique lors du patriarcat ou sur les effets du multiculturalisme : réflexions sur les causes et conséquences de l’attentat de Charlie Hebdo et la fuite des jeunes français vers l’État islamique.

A l’époque de la société patriarcale, ce multiculturalisme était  impensable. Cela puisque les valeurs masculines se caractérisent par une certaine exclusivité et rigidité. D’où, un rejet des valeurs concurrentes. A contrario, les valeurs féminines son inclusives et souples. Elles s’adaptent facilement à d’autres valeurs.

Conclusion

Il n’est pas question, ici, de bien et de mal ; de dire quelle valeur est supérieure à une autre. Tout simplement car toutes ces valeurs se complètent. La répartition des rôles en fonction du sexe permettait d’équilibrer la société. Les défauts des mœurs masculines étaient compensés par les mœurs féminines et inversement. Ces deux types de valeurs sont la force de notre société ; en aucun cas, notre faiblesse.

Il est préjudiciable de n’avoir qu’un seul type de profil d’individu notamment si cet état de fait consiste à délaisser toute une série de valeurs ayant contribué à la construction de notre société pendant des millénaires.

Il faut évidemment s’adapter au monde contemporain et être plus souple quant à l’attribution desdites valeurs. Par exemple, en permettant que ces valeurs puissent, à la fois, être défendues par des hommes ou des femmes en fonction de leurs choix et non de leur sexe.

Le rejet de la moitié de nos valeurs sous des prétextes fallacieux est inopportun.

Autrement le socle de notre société, construite sur ces deux types de valeurs, deviendra bancal puis s’écroulera.

 JuristeG

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Une réponse à “Critique de la Modernité : l’individu contemporain, un être infantilisé ou féminisé ?”

  1. jean louis Dit :

    Je ne sais pas si c’est une cause ou une conséquence, en tout cas, il apparaît que la société tourne de plus en plus autour de deux pôles où les hommes ne sont pas à leur avantage.
    - la famille. (maison, enfant particulièrement) Même au temps du patriarcat triomphant, c’était le domaine privilégie des femmes et ça le reste. Les hommes prennent les femmes comme modèles.
    - la citoyenneté De tout temps, les femmes ont toujours défendu et transmis les normes sociales, les us et coutumes. A l’homme plutôt la transgression et le « machisme » comme on dit aujourd’hui.
    Mais à notre époque de bisounours et de politiquement et socialement correct, c’est fini.
    Bien sûr, je pense qu’il faut y voir l’influence d’idées chrétiennes devenues folles comme dit, selon Zemmour, Chesterton, du socialisme (care) , de la culpabilisation à outrance des hommes qui ont fait la guerre et colonisé et de la fin du politique..
    Bon maintenant, il faut savoir que ce n’est pas sans conséquences graves sur les enfants et l’avenir de la civilisation. D’autant plus que les pères imitent les mères. Sade disait justement :
    « C’est par habitude, par vanité ; que les femmes prolongent ces soins ; et, loin d’être utiles à l’enfant, ils affaiblissent son instinct, ils le dégradent, ils lui font perdre son énergie ; on dirait qu’il a toujours besoin d’être conduit. Je vous demande maintenant si, parce que la mère continue de prendre des soins dont l’enfant peut se passer, et qui ne sont avantageux qu’à elle, cet enfant doit se tenir engagé par la reconnaissance. »
    de quoi fabriquer des générations d’homosexuels, de minets et de femmes incontrôlables.

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