Le revenu universel, bonne ou mauvaise idée ?

24 janvier 2017

Economie, Philosophie, Politique

Le revenu universel ou revenu de base est une allocation unique versée à tous les citoyens d’un même pays. Seule une condition d’âge est souvent fixée, bien souvent la majorité, soit en France, 18 ans. L’originalité réside ainsi dans le fait qu’il n’y a pas de conditions de ressources, familiales ou de travail. Une personne gagnant le SMIC avec trois enfants à charge percevra le même montant qu’une personne gagnant 20 000 euros par mois.

En France, divers montants sont annoncés, de 600 à 800 euros en général. Afin de le financer, toutes les autres allocations devront être supprimées : retraite, assurance maladie, allocations familiales, au logement et ainsi de suite. La survivance de certaines allocations, comme l’assurance maladie, diminuerait drastiquement le montant du revenu universel.

Comme nous le verrons, le revenu universel permet l’accentuation des principes de liberté et d’égalité, mais porte atteinte à celui de fraternité.

Le revenu universel existe-t-il déjà dans d’autres pays ?

Dès cette année, la Finlande veut expérimenter un revenu universel de 800 euros parmi un échantillon de sa population. L’objectif est de comparer son efficience économique et sociale par rapport aux allocations habituelles. En 2016, En Suisse, les électeurs ont été appelés aux urnes pour décider de la mise en place d’un revenu universel de 2 260 euros par mois ; à 76,9 %, ils ont refusé ce projet.

Quels sont les avantages du revenu universel en France ?

En France, sur 66 millions d’habitants, près de 30 millions sont en âge de travailler. Pourtant parmi ce groupe, 5,7 millions de personnes sont inactifs, soit près de 20%. Ces personnes peuvent, par exemple, être au chômage ou être bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active (RSA). Il faut ensuite rajouter toutes les personnes en situation de précarité qui travaillent à temps partiel, mais qui ne sont pas comptabilisées dans la population inactive. Ainsi bien plus de 20% des français en âge de travailler n’occupent pas d’emploi ou un emploi précaire. Mais peuvent-ils réellement trouver un emploi ? Le chômage est-il simplement conjoncturelle et lié aux crises économiques ? Ou bien est-il davantage structurel et devons-nous nous habituer à un chômage de masse ?

Plusieurs éléments tendent vers la deuxième hypothèse. Des pans entiers de métiers disparaissent : délocalisation, développement technologique rendant inutile certains métiers ou robotisation. La disparition de certains métiers n’est pas forcément un mal lorsque celui-ci est aliénant et difficile pour le travailleur. Prenons l’exemple des mineurs, le développement des centrales nucléaires a mis à mal la rentabilité de l’extraction du charbon. Les mineurs se sont donc retrouvés au chômage avec toutes les difficultés du monde pour se reconvertir. Pour autant, la disparition de ce métier extrêmement difficile où des individus se tuaient littéralement à la tâche impactant leur espérance de vie est-il vraiment préjudiciable ?

L’État doit, par contre, remplir sa part et garantir un niveau de vie décent à ses personnes se retrouvant sans emploi. Le revenu universel leur permettrait de vivre décemment avec un minimum de 800 euros mensuel, à comparer avec le RSA socle de 535 euros pour une personne seule. De même, il permettrait de compléter le revenu des personnes ayant un emploi précaire. Ainsi, un travailleur exerçant un emploi à mi-temps au SMIC pourrait augmenter de 800 euros son salaire de 550 euros, soit un revenu mensuel de 1 350 euros.

Le revenu universel accentuerait le principe de liberté. En effet, des personnes souhaitant travailler seulement à mi-temps pour avoir également une activité bénévole ou artistique pourrait le faire en toute tranquillité d’esprit – ce qui développerait la culture et la solidarité en Franc.

Le revenu universel permettrait aussi un renforcement du principe d’égalité. Il est mauvais, dans un pays, qu’une partie des citoyens paye pour les autres, sans rien recevoir en retour. C’est le cas en France, l’impôt sur le revenu n’est payé que par 50% des français qui, pour certains ne reçoivent aucune allocation eu égard à leur niveau de revenu. Il en résulte de la frustration pouvant pousser certains contribuables à quitter le pays ou à dissimule une partie de leur actif. Le revenu universel permet de faire en sorte que chaque français de percevoir la même somme. Bien évidemment, les cotisations continueront à être prélevées en fonction des revenus du contribuable.

Ainsi, pour un taux de prélèvement de 20%, un contribuable gagnant 1 000 euros brut de salaire sera imposé 200 euros, soit 800 euros de salaire net, augmenté d’un revenu universel de 800 euros, soit 1 600 euros de revenu disponible mensuel. Le gain est ici de 600 euros (800 euros de revenu universel diminué de 200 euros de prélèvement). Un contribuable gagnant 10 000 euros brut de salaire sera, lui, imposé à 2 000 euros, et obtiendra 8 000 euros de salaire net, augmenté de 800 euros, soit 8 600 euros de revenu disponible mensuel. La perte est ici de 1 200 euros (2 000 euros de prélèvement pour 800 euros de gain avec le revenu universel).

Enfin, une allocation unique qui supprimerait toutes les autres permettrait de procéder à des réductions drastiques d’effectifs au sein de l’administration. De plus, la simplicité dans la condition d’octroi du revenu universel serait de mise, il n’y aurait pas besoin de remplir des dossiers administratifs ou de demander à des agents d’effectuer des vérifications ; un simple programme informatique pouvant s’en charger. Les prélèvements sociaux pourraient donc être fortement allégés ou redistribués aux français. De grandes économies seraient ainsi réalisées.

Quels sont les inconvénients du revenu universel ?

Les citoyens devront faire preuve d’une grande responsabilité. Ils devront eux-mêmes prévoir l’avenir et assurer leurs dépenses de santé et de retraite. Les citoyens parviendront-ils à économiser et à mettre de côté une partie de leur revenu pour assurer l’avenir ? Une situation à l’instar des États-Unis où des vieillards sont obligés de travailler pour survivre surviendra-t-elle en France ?

Notre gouvernement souhaite actuellement la mise en place du prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source. Un des arguments exposés est que beaucoup de français ont des difficultés à le payer en fin d’année car ils ne disposent plus des fonds nécessaires, déjà dépensés. Un tel argument est totalement contradictoire avec la volonté de créer un revenu universel. Si les français éprouvent des difficultés pour prévoir le paiement de l’impôt sur le revenu d’une année, comment pourraient-ils prévoir sur toute une vie leur retraite ou une potentielle maladie ?

Le revenu universel porte également préjudice au principe de fraternité, fondement de notre République. La majorité des citoyens sera gagnante grâce aux revenus universels, notamment les français qui n’auront aucun problème de santé majeur durant leur vie. Cependant, ceux qui devront souffrir d’un diabète ou d’un cancer auront de grandes difficultés à se soigner. C’est un pari que chaque citoyen devra faire ; tombera-t-il ou non gravement malade au cours de sa vie ? Sommes-nous prêts à prendre un tel risque ou préférons-nous nous reposer le système actuel de la solidarité ?

Enfin, des millions de fonctionnaires se retrouveraient sans emploi et n’aurait ainsi, comme seul moyen de subsistance, le revenu universel. La croissance se retrouverait impactée et le marché de l’emploi, notamment celui du secteur privé, se retrouverait submergé.

JuristeG

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